• Jean Luc Duval

Handicap, les dérives des services sociaux


Depuis des années, l'ASE persécute par des enquêtes souvent infondées et arbitraires de nombreuses familles ayant des enfants handicapés.

Le phénomène n'est pas nouveau, mais il est bien plus complexe que ce qu'on peut lire dans les nombreux articles écrits en ce moment qui se basent uniquement sur un communiqué de presse faisant d'un cas particulier une généralité.


Papa de deux enfants autistes, j'ai déjà subi 4 enquêtes


Étant moi-même papa de deux petits garçons autistes, j'ai pu constater les méthodes scandaleuses utilisées par l'ASE pour vous faire taire. Il faut suivre le chemin défini par avance par les autorités françaises et malheur à ceux qui s'opposent aux décisions que l'on tente de leur imposer, car les intérêts financiers sont importants et ceux qui en profitent sont nombreux.


J'ai donc, comme à mon habitude, décidé d'apporter mon témoignage. J'ai eu la joie de subir quatre enquêtes, dont une est encore en cours : trois menées tambour battant par les services de l'ASE et une par la préfecture sur consigne du ministère de la Santé.

Les origines et points de départ de ces enquêtes sont différents à chaque fois. Ne vous fiez pas aux apparences, le handicap est en France une manne financière ou tous les coups sont permis.


1er round : une enquête pour "défaut de soins"


Ces centres censés informer et assister les familles sont souvent le point de départ d'une sorte de mise sous tutelle.


Le médecin, qui n'apporte rien à vos enfants, a essentiellement pour rôle de vous faire accepter le parcours fléché par l'État français. Il possède pour cela une arme administrative appelée "signalement". Une épée de Damoclès qui ne manquera pas de faire réfléchir ceux qui tenteraient de sortir des clous.


Le centre médico-psychologique (CMP) de La Madeleine fut le premier à émettre un signalement, au motif que nous n'acceptions pas les recommandations consistant à jeter sans ménagement nos enfants dans un institut médico-éducatif.


Le CMP sachant que nous travaillons, a entrepris de nous asphyxier sous des rendez-vous hebdomadaires d'une demi-heure, dispatchés, changeant inexorablement d'une semaine à l'autre. Pour préserver notre emploi, nous avons donc du limiter notre présence à ceux-ci, et la réponse ne tarda pas : la directrice du centre nous signala alors pour "défaut de soins", auprès des services de l'ASE.


Notre première enquête commença alors. Au bout de six mois le constat fut simple : le centre ne pouvait plus assurer les séances de psychomotricité – celle-ci n'étant pas rembourser en libéral – l'enquête fut classé sans suite, sans aucune solution pour les enfants.


Nous avons alors compris que l'ASE n'était pas une protection pour les enfants, mais une arme contre les parents.


2e round : on m'accuse de vouloir m'immoler 


Lorsque vous demandez que l'on respecte vos droits, lorsque vous décidez de prendre l'avenir de vos enfants en main, que vous interpellez sans détour les dirigeants, que vous commencez à militer pour tous et à dénoncer certaines pratiques condamnables, la réponse ne se fait jamais attendre.


Le Collectif citoyen handicap commençait alors à gêner à la fois l'État français et ceux qui font partie intégrante de ce système d'échange de bons procédés. Il est préférable lorsqu'on répond à des appels d'offres de lever le pied, même si pour cela vous devez trahir ceux qui ont placé en vous leur confiance, ceux que vous représentez...


Nous contestions la décision prise par la Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) de baisser nos droits destinés à payer la prise en charge des enfants. Décision prise à l'unanimité, ladite commission estimant que nos enfants devaient être placés en institut médico-éducatif.


Lors du recours, nous avions été confrontés au paradoxe de voir la représentante d'Autisme France soutenir cette décision au détriment des enfants. Rien d'étonnant finalement sachant que ces associations censées nous représenter, gèrent 90% des instituts où sont enfermés nos enfants et adultes handicapés.


L'enquête a mis en évidence qu'il n'existait aucune carence dans la prise en charge des enfants. Le bilan : enquête classée. Mais une plainte du directeur de la Maison départementale des personnes handicapées suivit. Celui-ci me reprochait semble-t-il de vouloir m'immoler dans ces locaux. Convoqué au commissariat, j'ai été traité comme un criminel, avant de recevoir un avertissement du procureur, me mettant en garde. S'immoler ne semble dérangeant que si vous le faites dans des locaux de l'État.


Mes enfants furent alors privés de prise en charge dans l'indifférence générale. Insister pour qu'ils soient scolarisés ou monter au créneau pour d'autres parents, sont autant de crimes pour lesquels il nous fallait payer absolument.


3e round : l'Éducation nationale met son grain de sel


Lorsque vous êtes parents d'enfants différents, vous comprenez immédiatement qu'ils sont indésirables aussi à l'école. Les lois qui s'appliquent à tous, ne le sont pas pour eux, même si le droit à l'éducation en est un.


Nous avions décidé, et ce malgré l'avis défavorable de la CDAPH, de scolariser les enfants en maternelle tous les matins. Mais notre engouement fut de courte durée car si les enfants fréquentaient maintenant les bancs de l'école, ils y subissaient maltraitances, ségrégations, brimades et humiliations, sous le joug de la directrice de l'école, qui n'acceptait pas que nous imposions la présence de nos enfants dans son établissement.


Alors que nous venions de dénoncer les faits auprès des services de l'Éducation nationale, la directrice, pour mieux couvrir ces agissements, entreprit d'effectuer un signalement dépourvu de sens, remettant en cause la prise en charge des enfants. Le secret médical ne semble pas être applicable pour nos enfants.


Une campagne d'intimidation et de stigmatisation débuta alors. Chaque matin, les forces de police étaient postées devant l'école, tandis que la directrice menait une campagne de diffamation auprès des autres parents.


Une enquête suivit où ne fut pris en compte que le signalement. Les agissements de la directrice étaient mis sous silence, et ce malgré de nombreux témoignages à charge. Six mois d'enquête démontrèrent encore une fois que nos enfants n'avaient subi aucun manquement, l'enquête fut classée une fois de plus.


La directrice d'école ne fut jamais inquiétée, car la ministre de l'Éducation nationale n'a pris aucune mesure. Elle pourra donc continuer de maltraiter d'autres enfants en toute impunité. Plusieurs familles ont changé leurs enfants d'écoles, les langues se sont déliées. Ça n'a eu aucun effet sur l'Éducation nationale.


4e round : une aberration de plus


Quand il y en a plus, il y en a encore. À peine un mois après le classement de la précédente enquête, un nouveau témoignage préoccupant arriva de façon anonyme aux services de l'ASE. On m'accusait de battre mes enfants, me reprochant le fait que parfois le petit Yanis dans le jardin mettait la terre à sa bouche, comme tous les enfants le font un jour ... 

Nous avons alors changé de stratégie en décidant de répliquer à notre tour en nous auto-signalant pour le motif de n'apporter aucune prise en charge à nos enfants, et c'est alors que tout s’arrêta car il aurait été inévitable que l'administration responsable de ce fait est à le mettre par écrit, il est difficile de se délcarer coupable non ?


J'apporte mon soutien à ses familles victimes


Il est important de dire les choses, de témoigner de l'absurdité de ce système. Il faut préciser encore et encore que les familles touchées par l'autisme ne sont pas les seules concernées. Toutes les familles touchées par le handicap le sont. Arrêtons de nous voiler la face.


Nous, parents, sommes souvent confrontés à un système bien rodé ou les arrangements en coulisse sont légions, ou le mot "conviction" a été remplacé par "subvention", ou l'intérêt financier prime sur celui de l'enfant.


Il ne s'agit pas de dénoncer une partie d'un système en montrant uniquement les agissements de l'ASE, mais l'ensemble. Car pour une grande partie de ces enquêtes, le signalement n'est fait que dans le but d'imposer une décision de la CDAPH. Décision prise par l'ensemble des administrations mais aussi par ces associations gestionnaires qui avant de mettre l'intérêt financier comme priorité, avait une mission, faire que cela n'arrive jamais.


Je terminerai en apportant mon soutien sans faille à ces familles victimes des services sociaux, abandonnées par ceux censés les défendre au nom de l'argent.


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